Samedi après-midi direction l'UGC Ciné Cité Les Halles pour aller voir Rose et noir : En 1577, Pic Saint Loup, grand couturier sur le déclin, se voit confier par le roi Henri III, une mission diplomatique : il doit confectionner sa plus belle robe de cérémonie pour le mariage arrangé d'un de ses neveux avec la fille d'un Grand d'Espagne. Dans une Espagne catholique intégriste qui traque protestants, maures, juifs et homosexuels, Saint Loup va se mettre en chemin entouré de ses gens. Ce qu'il ignore, c'est qu'il part avec un protestant, son fidèle secrétaire, bien décidé à cacher une bombe dans la robe pour venger les siens de la sanglante Saint Barthélémy. Il part également avec son " nègre " un maure qu'il doit transformer en blond normand, avec son parfumeur, son " nez " un juif marrane ainsi que son coiffeur, une folle perdue. Tout ce joli monde " persona non grata " va se retrouver chez le père de la fiancée, un détraqué de la pire espèce, qui n'est autre que le grand inquisiteur de Cordoba...
Conspiration chez les grands d'Espagne, une bombe, des alliances politiques, ça ressemble à du déjà vu. Le début du film est assez pénible, Jugnot surjoue et son personnage n'est pas attachant, la seconde partie du film remonte un peu le niveau même si rien n'est inoubliable, alors que l'on se dirigeait vers une morale que l'on voyait venir depuis le début, la toute dernière image donné par le film à au moins un vrai sens.
Si on retrouve les idées qui font la trame de beaucoup de film de Gérard Jugnot comme, le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie, l'intolérance. Le film ne parvient pas a nous amuser, les acteurs sont assez grotesques dans leurs costumes et semble ne pas non plus se distraire. Un manque de conviction de la part des acteurs espagnols qui sont en plus doublés (ça ne passe pas inaperçu et ça casse le rythme des scènes), une morale trop lourde alors qu'elle aurait pu très bien passer sans autant de mots (le procès), et sans évidence historique (la fin), en passant sur les amalgammes. Les gags tombent à plat, et les dialogues ne font pas rire.
Ce qui manque avant tout à cette comédie humaniste, c'est un je ne sais quoi, un petit non un grand déclic qui aurait pu déclencher davantage de rires qui n'auraient en aucun cas atténué la portée du message. Les décors sont empreints d'une vraisemblance qui permet au spectateur de pénétrer dans le contexte historique de l'histoire, même si celui-ci laisse une forte impression d'être aseptisé de la réalité tortionnaire de l'inquisition.
Mais voilà Gérard Jugnot tombe dans une certaine facilité de jeu, une sorte de remake de la cage aux folles mais trés en deçà de la première version. Ses gesticulations ne font que faire sourire et "la grosse fraise" perd tous ses effets. On apprécie de retrouver Bernard Le Coq sur grand écran, et de découvrir Saïda Jawad (belle et émouvante) ainsi que Assaad Bouab.
En résumé, Gérard Jugnot a déjà fait beaucoup mieux... Rose et noir ne finit jamais, et enchaine jusqu'a la derniere image qui se voudrait pleine de bon sens, un message difficile à accepter tant il est montrer de facon etouffante.