Samedi dernier, séance deux films sinon rien avec pour commencer à l'UGC Ciné Cité Les Halles, le film Micmacs à Tire-Larigot : Une mine qui explose au coeur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil n'a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l'a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l'hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l'inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu'inattendus, vivant dans une véritable caverne d'Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d'armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d'hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath...
Film quelque peu déjanté mais avec une belle trame de fond : l'histoire, son histoire que Bazil doit résoudre, et sa super famille adoptive va l'aider dans sa tâche. Micmacs à tire-larigot est une bonne comédie, on y retrouve un excellent casting (en grand partie commun à celui d'Amélie Poulain), des personnages aux traits caractéristiques, de bonnes musiques, des décors très recherchés (petit plus pour les campagnes d'affichages personnalisées !), bref du Jean-Pierre Jeunet !
Le scénario n'a rien de tordu. C'est linéaire, simple... dans un univers extravagant : ce qu'il faut pour se détendre même si quelques coups de chances et du destin restent assez peu crédible et un peu hasardeux. ! Un grand bravo. Micmacs est un mélange de David contre Goliath avec l'univers décalé et enchanté du réalisateur. Jeunet sait filmer les petits coins atypiques de Paris (notamment, ici, les quais portuaires de Seine et des canaux du Nord-Est) comme nul autre. Il manque peut-être un peu de rythme, ou de liaisons entre les scènes parfois.
Dès les premières scènes, le spectateur succombe rapidement à ce conte social, interprété par une équipe d'acteur en état de grâce. La palme revient à André Dussolier et Nicolas Marié, excellents en marchands d'armes névrosés. Danny Boon, qui a tendance à nous énerver d'habitude, est tout à fait dans son rôle ici, l'acteur prenant le parti d'une certaine sobriété, et cela lui va bien, sa première scène est énorme. Omar Sy est extraordinaire et très drôle dans son rôle de Remington avec de succulents dialogues. Notre Yolande Moreau nationale que personne n'égale avec ses habituelles intonations . André Dussolier, toujours drôle et juste, et Jean-Pierre Marielle s'en sortent très bien.On a trouvé des trésors d' inventivité dans les gadgets de Michel Cremades tout comme les mimiques et les grimaces de Dominique Pinon y sont toujours